Cloisons ouvertes sur mes balbutiements...

Cloisons ouvertes sur mes balbutiements...

Nous sommes déjà le 16 janvier ; toutes mes excuses si ma routine détraquée par les Fêtes n'a pas encore tout à fait retrouvé son cours normal ! J'y travaille ! ;)

Cette année, après de longues recherches infructueuses entre l'Abitibi et Québec, j'ai enfin pu dénicher ce que j'avais égaré depuis longtemps ! C'est dans mon ancienne chambre, chez mes parents, que j'ai eu le bonheur de retrouver les cartables de mes premiers livres !!

Admirez !

Le premier, tout en haut à gauche, date du début 1995 (j'avais 10 ans). Oui. Mon premier livre racontait les aventures du jeu La Légende de Zelda : a link to the past ! Je prenais déjà de grandes libertés à l'époque et si le fond de l'histoire suit les grandes lignes du récit original, j'ajoutais aussi allègrement tout ce qui me passait par la tête, ce qui, à ma grande surprise, n'a pas tardé à créer des histoires secondaires et des intrigues imprévues au départ. J'étais très excité, à l'époque, de constater que plus le récit avançait (il y en a quand même pour plus de 90 pages dans ce petit paquet de feuilles), plus l'histoire s'éloignait du matériel premier et prenait vie. Évidemment, en bon fan de Tolkien que j'étais, tout ça regorge d'orcs, de trolls, de batailles épiques et de péripéties rocambolesques. J'étais même allé jusqu'à créer une illustration par chapitre (cette photo n'en montre que la moitié, à peu près ; ma table est trop petite !):

Ensuite, vient mon Histoire d'Hyrule, écrit vers la fin 1995, début 1996. Comme j'avançais avec les aventures de Link, je me trouvais à créer toujours davantage de matériel historique, et au bout d'un moment (et parce que je venais de terminer ma énième lecture du Silmarillion), j'ai décidé qu'il me fallait créer un arrière-plan à toute cette histoire. J'avais même planifié un prequel "à la Hobbit", que je n'ai jamais écrit mais auquel, comiquement, je faisais constamment référence. L'Histoire d'Hyrule venait avec un suivi chronologique année par année (je l'ai mis à droite sur cette photo), ainsi qu'avec une annexe portant sur les personnages, les lieux, les événements, la phonétique, etc. J'avais trouvé le moyen de fusionner l'univers de Zelda et celui de Tolkien ; je me trouvais très malin.

Quand j'y suis revenu, quelques années plus tard (vers 2001), j'ai eu un pincement au coeur en constatant tout le travail effectué rendu inutile par un fait tout simple que j'avais négligé à l'âge de 10-11 ans : Zelda appartenait à Nintendo, pas à moi ! J'ai donc repris le travail du début, recréé une mythologie à neuf, des langues aussi (pour me défaire des restes de Tolkien). Tout ce travail a été la genèse d'un livre que j'ai entamé en 2002, que j'ai réécrit et remodelé environ 5 fois, et sur lequel je travaille toujours, à l'âge de 32 ans ! J'ai énormément d'attentes pour ce projet, et pour cette raison, je n'aime pas trop ni en parler, ni donner de faux espoirs. Disons seulement que la dernière version est excellente, mais que je la veux épique !

Enfin, en bas de la photo, on peut voir mon troisième livre de l'époque, encore inspiré d'un jeu : Final Fantasy, le Cri de la Planète (Final Fantasy VII). Ce projet date de 1997. Il y a peu à dire là-dessus. J'ai traité le sujet de façon beaucoup plus conservatrice et mature cette fois-ci, et j'ai contenu mes élans créatifs pour ne pas influencer négativement le schéma narratif. Aucune illustration ici (sauf un Cloud Strife absolument horrible sur la couverture du cartable, que je vous épargne !)

Il manque encore plusieurs très anciens textes dont j'ai abandonné la recherche. À 9 ans, j'avais commencé un pastiche de Jurassic Park, que je ne trouve plus nulle part. Même chose pour les 8 ou 9 chapitres de ce livre sur "Mais où se cache Carmen Sandiego?" (mon premier véritable essai). Et puis, ce texte en 4 ou 5 chapitres qui m'avait valu une très bonne note à un concours littéraire belge, "Guillion de la Lance Enflammée", introuvable également.

Ces feuillets jaunis, tachés, couverts de ratures et de notes, écrits dans un français approximatif, ce sont mes balbutiements littéraires. Ces écrits ont une place sacrée dans mon parcours ; je les regarde comme on regarde de vieilles photos de famille monochromes. La sensation de liberté au clavier, de toute puissance lorsqu'on fait et défait des royaumes entiers. Il n'y a rien de plus beau que ce feeling.

La poésie est venue un peu plus tard, vers 1999-2000.

Retomber sur ces souvenirs est un baume nécessaire de temps à autres ; on dirait que le temps et les épreuves font se gercer le coeur. Je trouve de la sérénité à retrouver une époque où tout ce qui comptait était d'écrire la prochaine page et de m'imaginer avec fébrilité la nouvelle aventure incroyable qui allait naître sous mes yeux. La game est différente, dans le vrai monde. Elle est moins agréable quand on vient t'imposer un cadre, une censure, un quota. Quand on sent un mur infranchissable entre nous et tout le reste ; pourquoi ils veulent ça comme ça ? Pourquoi se vendre ? Pourquoi l'art en tant que commodité ?

Il y aura toujours des échecs. L'impératif, c'est d'apprendre de ces échecs, de grandir, au lieu de les laisser couler sur nos écailles sans y prendre garde ou, pire, de nous définir en eux. Mais il faut aussi une motivation intrinsèque pour survivre au désenchantement. Il faut une force intérieure pour percer la coquille ; le poussin, le germe, la fleur, tout ce qui doit naître et fleurir doit trouver la force de briser son enveloppe. Et cette force, je la puise dans ces textes, dans ces souvenirs. L'écrivain, il est planté là-dedans depuis très longtemps, plus longtemps encore que mes premiers mots. Chaque apprentissage est une nouvelle naissance, une nouvelle enveloppe à percer. Et quand je regarde ces vieux papiers, je le sens, chaque fois : les à-coups du petit bonhomme en moi qui n'en finit pas de vouloir naître.

Félix


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